Des militants lors de la manifestation contre la montée de l’extrême droite le 15 juin 2024 à Paris.

Ce samedi 15 juin, des manifestations étaient organisées partout en France afin de se mobiliser contre la montée du Rassemblement National. A Paris, ils étaient 250 000 à répondre à l’appel des syndicats, des associations et des partis de gauche. Selon les chiffres de la police ils n’étaient que 75 000.

 

Face aux scores records du Rassemblement National, et à l’approche des élections législatives, de nombreux jeunes ont participé aux manifestations organisées contre l’extrême droite. Au cœur du cortège qui commençait place de la République à Paris samedi 15 juin, ils étaient nombreux à battre le pavé. Sur les pancartes et les banderoles, le même slogan : « La jeunesse emmerde le Front national ». La marrée humaine s’est déplacée à travers les rues de la capitale sur la mélodie de slogans tels que « siamo tutti intifascisti ! » (nous sommes tous antifascistes), accompagnée de claquements de mains.

Un engouement chez les étudiants

C’était attendu et les premiers indicateurs le confirment, aux élections européennes du 9 juin, la participation des jeunes a été globalement plus faible que la moyenne des autres classes d’âge. Selon l’institut Ipsos, les 18-24 ans étaient 40 % et les 25-34 ans étaient 35 % à aller voter, contre 71 % chez les 70 ans et plus. Pourtant, après l’annonce des résultats, la jeunesse à montrer vouloir se mobiliser et remédier à cette abstention.

Parmi les anti « R’Haine », certains se mobilisent pour la première fois. C’est le cas de Pierre, 19 ans, étudiant à SciencePo Paris : « je suis ici aujourd’hui pour manifester contre RN parce que je pense que leurs idées sont dangereuses pour notre société. Ils prônent une politique divisive et je veux défendre une France ouverte et solidaire ». Des collectifs et des organisations de jeunes se sont formés pour structurer et amplifier la lutte contre le RN. Des groupes comme « Étudiants Antifascistes » rassemblaient déjà autour d’actions communes, de débats, de conférences, et d’actions de terrain. Pour Clara, étudiante en sciences sociales, sa présence ici est « un appel à l’unité et à l’action. Nous devons rester vigilants et actifs dans la défense de nos valeurs démocratiques ».

« J’espère encourager d’autres jeunes à s’engager politiquement »

En assistant à ce mouvement, l’enjeu est aussi de sensibiliser d’autres jeunes qui semblent détacher des questions politiques. « Je veux encourager les autres à s’engager politiquement et à ne pas rester indifférents face à la montée de l’extrême droite », confie Léonie, étudiante en médecine. La manifestation se poursuit sur l’ère du slogan « la jeunesse emmerde le Front national », tiré de la chanson Porcherie de Bérurier Noir. « J’espère que cette manif enverra un message fort contre la banalisation des discours de haine. Nous devons montrer qu’il y a une résistance active et que les jeunes veulent une société plus ouverte et plus juste », dit Mathieu, étudiant en psychologie.

L’activisme sur les réseaux sociaux

En règle générale, les jeunes utilisent largement les réseaux sociaux pour exprimer leur opposition au RN. Le vidéaste Squeezie a d’ailleurs pris position pour inciter sa communauté à aller voter et à faire barrage à l’extrême droite.

Des campagnes en ligne, des hashtags, des vidéos etc. sont couramment utilisés par les jeunes pour sensibiliser leurs pairs et le public aux dangers qu’ils perçoivent dans la montée du RN. C’est aussi grâce à cela qu’ils s’informent sur les manifestations prévues et les dates. « Nous devons montrer qu’il y a une résistance active ! », explique Inès, étudiante en droit et membre du cortège de la manifestation.

Malgré ce soulèvement, le mouvement n’est pas similaire à celui qui avait poussé il y a 22 ans des dizaines de milliers de jeunes dans les rues après l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.

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