À Lyon, plus précisément proche du Rhône et de la Saône, les tarifs de l’immobilier connaissent une hausse conséquente. Avec l’augmentation de l’attractivité des rives, les projets d’aménagement urbain et la demande constante, les prix dans les quartiers situés près de ces fleuves ne cessent d’augmenter. Une dynamique qui transforme le marché local, favorisant les investisseurs au détriment des ménages à faibles revenus.
« Vue sur le Rhône », « à deux de la Saône » : ces expressions sont régulièrement utilisées comme points d’attraction dans les publicités immobilières de nos jours. Ce phénomène, bien que qu’il ne soit pas très récent, a connu une amplification depuis les travaux de requalification des berges débutés dans les années 2000. Et cette requalification a eu un impact conséquent sur les prix immobilier autour de ses deux fleuves.
Des vues sur le Rhône et la Saône qui font grimper les prix de l’immobilier
En effet, dans le 6e arrondissement, à la lisière du parc de la Tête d’Or et du Rhône, le coût du mètre carré a franchi la barre des 7 000 euros. D’après les informations des Notaires du Rhône et Figaro Immobilier. À Confluence, les projets récents offrant une vue sur la Saône approchent les 5 500 €/m² à 6 800 €/m² toujours selon le Figaro Immobilier.
Les tarifs sont justifiés par l’emplacement et un effet de réputation. « Sur les berges du Rhône, notamment dans le 6e arrondissement, les prix ont augmenté de près de 15% en cinq ans. À Confluence, certains logements récents ont vu leur valeur augmenter de 10 à 12% depuis leur construction. La proximité de l’eau, couplée à l’image haut de gamme de ces quartiers, explique cette dynamique », observe Claire Dubois, agente immobilière.
Des changements entrainant une recomposition sociale
Si l’on doit citer un cas phare de reconversion immobilière à Lyon, ce serait sans doute le projet de la Confluence. Ancien secteur portuaire et industriel, longtemps jugé comme peu attrayant, il a été entièrement révisé avec comme idée : l’harmonisation de l’eau, de la ville, de la nature et de l’innovation. Aujourd’hui, ce quartier au design futuriste et aux habitations modernes offrant une vue sur la Saône, a eu un impact conséquent sur les tarifs largement supérieurs à la moyenne lyonnaise.
Et c’est ce que nous explique Julie Morot. Cette lyonnaise de 36 ans a dû quitter son logement près de ces fleuves suite à la nette hausse des prix. « J’ai longtemps vécu dans le 2ᵉ arrondissement, un quartier que j’aimais et que j’aime toujours. Mais bon, ces dernières années, avec la revalorisation des quais des berges du Rhône et de la Saône, le quartier a complètement changé. L’arrivée de nouveaux aménagements, de commerces d’une population plus aisée ont fait augmenter les prix des logements. Malheureusement, comme beaucoup d’habitants, j’ai dû déménager. J’ai été contraint de quitter le quartier. Aujourd’hui, je vis plus loin du centre. »
Au-delà de Confluence, d’autres quartiers connaissent une dynamique similaire. À la Guillotière (7e), la revalorisation des berges du Rhône a entraîné une hausse progressive des loyers et une gentrification des habitants vivant près de ces deux fleuves. Dans le Vieux Lyon ou à Vaise, les projets de rénovation des quais accompagnent également cette recomposition sociale.
