Plusieurs magasins de la Presqu'île se barricadent dans l'attente du second tour des élections législatives.

A la suite du premier tour des élections législatives le dimanche 30 juin, plusieurs manifestations avec cassages ont eu lieu dans les métropoles françaises, et Lyon n’y a pas échappé. De quoi faire réagir les commerçants de la ville pour le deuxième tour. 

Des élections législatives sous tension. A la suite des résultats du premier tour, ayant placé le Rassemblement National en tête avec environ 33,5% des suffrages, un grand mécontentement s’est manifesté par des actions violentes dans les rues de France.

A Lyon, environ 800 personnes étaient présentes à la Presqu’île dimanche 30 juin au soir, pour une protestation qui s’est terminée en dégradations et affrontement avec les forces de l’ordre. Certains commerçants lyonnais ont été surpris, et s’inquiètent à l’approche du deuxième tour.

« Ça fait forcément peur, et particulièrement aux commerçants puisqu’il y a eu des tags, de la casse… Cela affecte directement nos commerces », s’inquiète Fabrice Bonnot, président de l’association des commerçants de Charité Bellecour.

Si certains vendeurs affirment avoir été pris au dépourvu, les commerces de la Presqu’île avaient pourtant été notifiés par la mairie, qui leur avaient préconisé de se barricader.

Certains magasins ont fait le choix de ne pas suivre ces conseils, principalement les plus petites boutiques qui ne sentaient pas concernées par ces violences. La semaine dernière, ils en ont malheureusement fait les frais.

« Jusqu’à maintenant, on était toujours passés entre les mailles du filet sur les tags, les cassages, donc on n’avait pas pris de dispositions particulières. Malheureusement cette fois-ci, on nous a cassé les vitrines », explique Dylan, responsable d’une boutique de bijoux.

Et ce ne sont pas les seuls : sur la rue de la République, de nombreux magasins ont subi les coups des casseurs. Le magasin Off Shoes République notamment, qui ne pensait pas être visé en raison de sa petite taille. Un de ses vendeurs regrette : « Même si on est au courant de ce qui se passe ne ce moment, on n’avait pas pris de précautions. En général ça touche les grands magasins de la rue. »

Dégradations : certains commerçants ne tremblent pas

Pour le deuxième « round » face aux casseurs, les commerçants se préparent donc chacun à leur degré. Alors que certains protègent simplement leurs vitres déjà cassées et prient pour qu’il n’y ait pas plus de dégâts, d’autres investissent dans une couverture totale en planches de bois.

Et justement dans les rues adjacentes, certains grands magasins prennent leurs précautions comme l’enseigne Boss de la place des Jacobins. Cependant, son directeur adjoint Benjamin est peu inquiet vis-à-vis des risques pour la boutique.

« Il n’y a pas de besoin, nous l’avons plus fait à titre préventif et informatif plutôt qu’en attente réelle de quelque chose. Même lors des émeutes de l’année dernière, il ne s’est rien passé pour nous. On a des vitres blindées, c’est assez bien sécurisé, ces barricades permettent de la sécuriser d’autant plus, mais seulement sur deux jours car on ne compte pas les garder plus longtemps. »

Une inquiétude donc relative à l’emplacement et à la taille des commerces, bien que la ville tente de sensibiliser tous les magasins afin d’éviter la casse.

Législatives 2024 à Lyon : un dispositif contre les cassages plus ou moins utile

Consciente du risque de violences urbaines autour des élections, la ville de Lyon a tenté de prévenir plutôt que guérir. Avant le premier tour, la mairie avait annoncé la mise en place d’un dispositif spécial pour soutenir les commerçants lyonnais en cas de débordements.

Prenant la forme d’un message d’alerte envoyés aux commerçants en cas de troubles à l’ordre public, il avait déjà été déployé l’année dernière au moment des émeutes qui ont suivi la mort du jeune Nahel.

Pour beaucoup de magasins, il est un peu tard pour cette prévention. Ces derniers se concentrent donc sur le remplacement de leurs vitrines dégradées et une protection plus accrue en vue du second tour.

La responsable de Horace, boutique ayant eu des vitrines brisées à la suite du premier tour, souligne : « Ça coûte minimum 2 000/ 3 000 euros pour remplacer les vitrines. Heureusement, on est complètement assurés pour toutes les réparations. (…) On est soumis à un système de vidéo-surveillance dans la rue donc j’ose espérer que s’il y a quelques dégradations, ce sera utilisé à bon escient. Après moi, ce que j’attends du gouvernement, c’est quelque chose de juste mais ça va au-delà de ce qu’il se passe dans la rue. »

En attente désormais des résultats du 7 juillet et des réactions qu’ils entraîneront…

By a.krimi

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