Ce samedi 15 juin 2024, près de 7000 personnes ont manifesté dans les rues de Grenoble lors d’un rassemblement unitaire contre l’extrême droite. La manifestation a été organisée dans le cadre de l’appel national de syndicats et partis de gauche. Il y avaient des Isérois de toutes les générations, des citoyens qui étaient à la fois en colère et soucieux, mais surtout très déterminés, avant les législatives du 30 juin.

« Grenoble anti RN ! », « Bardella casse-toi », « La jeunesse emmerde le Rassemblement National ! ». Voilà plusieurs slogans entendus à multiples reprises lors de la manifestation contre l’extrême-droite à Grenoble ce samedi 15 juin à l’approche des législatives 2024.
Les nombreux manifestants répondaient à l’appel national lancé par l’intersyndicale associée en Isère aux syndicats étudiants, avec le soutien de nombreuses associations, des collectifs, et partis de gauche.
Une mobilisation organisée en réaction à la dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée par Emmanuel Macron, et surtout face à l’éventualité d’une victoire du RN aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. 7000 personnes, d’après la police, et près de 8.500 personnes selon les syndicats, ont défilé entre Alsace-Lorraine et la place de Verdun à Grenoble. La manifestation s’est terminée dans le calme, en effet, un important dispositif de police était sur place pour sécurisé les lieux.
« Je ne veux pas que mes enfants vivent dans un pays gouverné par le RN »
L’avenir sous un gouvernement du Rassemblement National inquiète Ludovic, militant et membre de la CGT depuis plusieurs années : « C’est très clair : je ne veux pas que mes enfants vivent dans un pays gouverné par l’extrême-droite. Ils ont que des idées racistes, individualistes, et cela va à l’encontre de mes valeurs et dans deux semaines, il faut se mobiliser pour contrer ça, évidemment ».
Kelly, 20 ans, étudiante en psychologie à Grenoble espère ne pas vivre la même chose qu’en Italie, où Giorgia Meloni, femme politique d’extrême-droite, est Première ministre depuis 2022. « J’ai pas envie de vivre ça dans mon pays, j’aurais tellement honte de dire que je suis Française s’ils prennent le pouvoir… », déclare-t-elle avant d’ajouter qu’il y a une seule solution pour elle : « Une solution : aller voter dans deux semaines pour éviter ça ».
Grenoble, un petit penchant côté gauche
Alors qu’à Grenoble, Manon Aubry a été plébiscitée par les citoyens lors des européennes dans cette ville iséroise. En effet, elle est la tête de liste LFI, avec 21.87% des voix, tandis que Raphaël Glucksmann enregistre 21.19% des votes et que Jordan Bardella possède un score de 13.53%.
Parmi les 81 534 personnes enregistrées sur les listes électorales à Grenoble, 32 457 citoyens ont délaissé les isoloirs aux européennes. En effet, l’abstention s’affiche à 39.81%, Grenoble est donc contre l’extrême-droite et se mobilise politiquement dès le plus jeune âge, à l’image de cette manifestation qui à fait grand bruit en Isère.

Malgré la peur des manifestants, il y a aussi une lueur d’espoir à Grenoble
Dans le cortège de la manifestation figuraient des élus comme le maire de Grenoble Éric Piolle, le sénateur écologiste Guillaume Gontard ou encore la maire d’Échirolles Amandine Demore, des militants syndicaux et politiques, mais également beaucoup de “simples” citoyens aussi inquiets que remontés.
« Je suis là pour faire front, oui front face au Rassemblement national », assume Guillaume, fonctionnaire territorial dans l’agglomération grenobloise, qui avoue avoir « une vraie peur » face à la perspective d’un gouvernement RN. « Ils se présentent comme des défenseurs du peuple mais c’est de l’hypocrisie… Ce sera de la politique néolibérale économique, du protectionnisme identitaire… Et je ne parle même pas de la casse des services publics et de l’impact sur la lutte syndicale. », explique-t-il avec nervosité.
Tandis qu’à Lyon, Strasbourg, ou encore Valence, plusieurs mouvements spontanés ont ponctué ces derniers jours, des manifestations contre la montée du Rassemblement National mais aussi des démonstrations de force de la part de groupes identitaires, qui ont plusieurs fois paradé dans les rues cagoulés et vêtus de noir aux cris de « La France nous appartient« . Une situation qui pourrait laisser croire que la France est coupée en deux aujourd’hui, à voir quels seront les résultats des législatives, et surtout les conséquences.
