Qui dit transport en commun payant dit fraude, un fléau inévitable pour les villes de France. Celui-ci entraîne la perte de centaines de millions d’euros par an. Mais ces infractions sont-elles seulement motivées par des raisons économiques ?
La fraude entraîne plusieurs conséquences telles que la dégradation des services offerts, de l’image des transports et renforce un profond sentiment d’injustice envers les voyageurs. Mais celui-ci a surtout des conséquences économiques. Au sein du réseau TCL à Lyon, la fraude représentait un manque à gagner de dix millions d’euros en 2016. Une somme extrêmement importante, et ce pour n’importe quel réseau de transports en commun français.
Le coût de la fraude
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La réponse serait plutôt négative car, à tarif égal, le nombre de fraudes varie de 16 000 à 209 000 par jour entre Lille et Marseille. S’il est commun de penser que les fraudeurs agissent uniquement par opportunisme (ils sont gagnants à ne pas payer le ticket quitte à payer une amende de temps en temps), ce n’est pas toujours le cas. La fraude peut être accidentelle (oublis, perte de papiers, machine en dysfonctionnement…) économique (l’utilisateur ne dispose pas des ressources nécessaires à l’achat d’un ticket), politique (militer indirectement contre les coûts des transports) ou encore systématique (s’accompagnant d’autres délits ou de manière organisée profitant des failles du système). Une amende plus élevée pourrait donc s’avérer plus dissuasive pour les fraudeurs.
Le coût de l’amende
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S’il n’est pas le seul critère, le prix de l’amende est effectivement dissuasif à la fraude. La cause n’est pas uniquement due au coût du ticket ou à celui de l’amende, mais dépend d’une organisation territoriale complète. Ce taux peut ainsi varier en fonction de la configuration du territoire comme la difficulté de mettre en place des contrôles sur un réseau plus étendu, le type de réseau (ouvert ou fermé) mais aussi par rapport à la banalisation et/ou la visibilité de ce fléau. D’autres facteurs comme l’obligation de réserver sa place ou la distance des trajets entrent également en compte.
Pour contrer ce fléau, certains pays proposent un système adapté et ne placent pas les contrôles au cœur de leur dispositif. Pour pallier ce problème, certaines villes adoptent la gratuité des transports en commun, comme au Luxembourg ou Dunkerque en France.
Marilou Petricola, Eva Bourgin, Octavien Thiebaud, Nadia Gbané