Depuis quelques mois, un nouveau mode de transport trace son sillage sur la Saône. Discrètes, silencieuses et tournées vers l’avenir, les navettes fluviales d’Océa proposent une alternative inédite à la voiture et aux traditionnels transports en commun à Lyon.
À l’origine de cette initiative, la société Océa, spécialisée dans la mobilité fluviale et maritime, en partenariat avec la Métropole de Lyon. « Notre objectif est de proposer une alternative douce à la voiture, en valorisant le fleuve comme axe de transport », explique Jérôme Bouchery, responsable d’Océa à Lyon. « C’est à la fois écologique, agréable et adapté à une ville comme Lyon ».

Les navettes, électriques ou hybrides, relient actuellement les quartiers de Confluence à Vaise, avec plusieurs arrêts stratégiques le long de la Saône. Fonctionnant à la fois pour les trajets quotidiens et les balades touristiques, elles s’inscrivent dans un mouvement global de réappropriation des voies fluviales. « C’est un moyen de transport qui allie praticité et expérience », souligne Jérôme Bouchery.
Un avantage pour les lyonnais et les touristes
Et les Lyonnais ne s’y trompent pas. Dès les premiers beaux jours, le service attire curieux, familles, et même quelques futurs utilisateurs réguliers. « On sent un vrai engouement. Les habitants apprécient de pouvoir éviter les embouteillages et de découvrir leur ville sous un autre angle. On espère aussi de plus en plus de travailleurs qui l’utiliseront pour se rendre au bureau, surtout entre Confluence et le centre-ville », précise-t-il.
Pourtant, malgré son succès croissant, le service doit encore relever plusieurs défis. La météo, bien sûr, peut perturber la navigation. Mais aussi le manque de notoriété. « Beaucoup de Lyonnais ne savent pas encore qu’ils peuvent utiliser ces navettes avec leur carte TCL », regrette le responsable. D’où la nécessité d’une meilleure communication, et d’un développement des horaires et des itinéraires pour mieux s’adapter aux usages du quotidien.

Un projet toujours en développement
Le Sytral et la Métropole de Lyon travaillent déjà à étendre le réseau à d’autres quartiers, et pourquoi pas, demain, à naviguer sur le Rhône. Océa s’intéresse au projet. « On développe aussi des outils numériques pour faciliter l’accès aux horaires en temps réel et aux infos pratiques. Et bien sûr, on continue à investir dans des bateaux toujours plus propres et performants », annonce Jérôme Bouchery.
Plus qu’un simple projet de transport, les navettes fluviales sont porteuses d’un véritable changement culturel. Elles invitent à lever les yeux, à ralentir, à regarder sa ville autrement. Pour Jérôme Bouchery, c’est aussi une aventure personnelle : « Ce que j’aime, c’est de participer à un projet qui a du sens. On travaille pour une mobilité plus durable, on reconnecte les gens à leur ville et à leur fleuve. Et puis, sincèrement, commencer la journée sur l’eau, avec vue sur Fourvière, c’est un privilège ».
Alors que les grandes métropoles cherchent des solutions à la congestion et à la pollution, Lyon trace une voie audacieuse, les pieds sur les quais… et la tête au fil de l’eau.
