Le futur site de baignade à Confluence est le premier projet de baignade dans la Saône à Lyon ©ArtefactoryLab
Le futur site de baignade à Confluence est le premier projet de baignade dans la Saône à Lyon ©ArtefactoryLab

La Ville de Lyon a annoncé, mardi 6 mai, la création d’un projet de baignade dans la Saône d’ici 2027. Une ambition inédite qui pourrait offrir aux Lyonnais un nouvel espace de fraîcheur. La métropole suit les traces de Paris, qui ouvrira ses premiers sites de baignade sur la Seine en 2025.

Projet de baignade dans la Saône : vers une ouverture en 2027

Jusqu’au XIXᵉ siècle, il était courant de se baigner dans le Rhône et la Saône. Cette pratique a peu à peu disparu au fil des décennies. Des interdictions justifiées par des risques sanitaires et des enjeux de sécurité l’ont remplacée. Aujourd’hui, plus de la moitié des communes situées sur ces cours d’eau ont adopté des arrêtés interdisant la baignade. Ces mesures reflètent les préoccupations liées à la pollution, à la circulation fluviale et aux accidents.

« La qualité de l’eau, la sécurité avec les pompiers, la gestion des exploitants comme EDF, la topologie du fond et la navigation sont des enjeux complexes », rappelle Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. « Ces critères déterminent strictement où et comment une baignade peut être envisagée. »

Des progrès récents en matière de traitement de l’eau et de surveillance environnementale ont été réalisés. La Métropole entend aujourd’hui réconcilier les Lyonnais avec leurs fleuves. Le projet de baignade dans la Saône à Confluence constitue la première étape concrète de ce retour à la baignade à Lyon.

Confluence, un lieu prometteur pour la baignade

Sur les quais de la darse de Confluence, la Saône s’élargit avant de rejoindre le Rhône. Les larges promenades bordées d’arbres attirent les passants, tandis que les terrasses de cafés commencent à s’animer. Le quartier mêle bâtiments modernes en verre et acier et anciennes usines reconverties en lofts ou espaces culturels. C’est un vrai mélange entre passé industriel et renouveau urbain. L’eau calme du bassin reflète le ciel, pendant que les Lyonnais se pressent au travail, un café à la main. 

Grâce à des atouts naturels, le site est idéal pour accueillir la baignade : un fond plat, une petite profondeur et un courant faible. La navigation reste restreinte à cet endroit précis. Grégory Doucet, maire de Lyon, précise que le site sera « un espace sécurisé, surveillé, avec une qualité d’eau contrôlée en temps réel par l’Agence Régionale de Santé. » Les bassins, flottants et démontables, seront installés de juin à septembre. Ils pourront accueillir entre 500 et 800 baigneurs simultanément.

Ainsi, ce projet s’inscrit aussi dans une démarche écologique. La Ville tient à garder une gestion durable de l’eau et un impact limité sur la faune et la flore locales. « Nous souhaitons que cette baignade soit un lieu de détente, mais aussi de sensibilisation à la protection des milieux aquatiques », ajoute le maire.

Un projet en cours d’études, ambitieux mais prudent

Ce projet novateur de baignade dans la Saône à Lyon reste soumis à une phase d’études et de tests durant les étés 2025 et 2026. La sécurité des baigneurs est la priorité face aux risques liés à la pollution ponctuelle ou aux algues nuisibles. Le budget initial de 2 millions d’euros couvre l’installation des infrastructures et la mise en place des dispositifs de surveillance. Toutefois, ce coût reste bien inférieur à celui d’une piscine classique.

Au-delà de Confluence, la Métropole de Lyon a identifié une vingtaine de sites entre Givors et Neuville-sur-Saône. À terme, la ville veut développer un réseau de baignades urbaines et périurbaines. Pour l’instant, le lac de Miribel, en périphérie, demeure la principale destination de baignade pour les Lyonnais. L’ambition est claire : faire revenir la baignade dans les fleuves. C’est pourquoi la Ville souhaite offrir une alternative rafraîchissante et écologique aux piscines traditionnelles.

En effet, « pouvoir se baigner en ville, c’est un vrai confort et un bonheur, surtout quand les températures dépassent les 40 degrés », conclut Grégory Doucet. « C’est aussi une manière de rapprocher les Lyonnais de leur patrimoine naturel, dans un esprit de convivialité et de respect de l’environnement. »

Anaïs Binghinotto

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