Les différents syndicalistes échangent en marge d'une manifestation contre l'extrême droite ce dimanche à Lyon (Jean Macé). Photo T.T.-C.

Alors que le Rassemblement National, parti d’extrême droite, est aux portes du pouvoir, les différents syndicats lyonnais s’inquiètent pour leurs droits face à la montée d’un parti « raciste et xénophobe. »

Le calme avant la tempête. Dans le 7e arrondissement de Lyon, les syndicats écoutent religieusement un cégétiste, qui  donne les consignes de la manifestation. « Pas de photos, pas de photos » crie l’un d’eux, en direction de quelques journalistes et curieux glissés entre les différents syndicalistes, réunis en cercle avant l’avancée du cortège. Des syndicalistes chargés de la sécurité entoureront la manifestation des deux côtés, en cas d’éventuelles « attaques de fachos », attendus par certains manifestants remontés.

Sous un soleil de plomb, les syndicalistes de la CGT lancent le cortège à 14h30, avec le soutien de différentes associations venues combattre les idées d’extrême droite. La possible arrivée au pouvoir d’un gouvernement d’extrême droite avec Jordan Bardella au poste de Premier ministre est redoutée. Un « danger énorme » pour les syndicats, qu’explique Maud Millier, secrétaire adjointe de l’Union Départementale CGT du Rhône. « Le Premier ministre a des prérogatives très importantes, notamment sur la nomination des préfets, sur un tas de sujets. Dans son programme, le Rassemblement National, qui – pour nous – n’est pas un parti républicain, souhaite clairement la fin de la représentation syndicale telle qu’on la connaît aujourd’hui » s’insurge-t-elle, sous les chants « tout le monde déteste les fachos » et « ils ne passeront pas », qui rythment la manifestation.

 

Vers un recul du dialogue social en cas d’arrivée au pouvoir de l’extrême droite

Pour cette quarantenaire, cette arrivée au pouvoir qui « réduirait les moyens et les libertés d’actions des différents syndicats » serait « un grand recul en arrière. » À Lyon, d’autres syndicalistes craignent également une baisse de nombre de sièges aux instances représentatives du personnel, ce qui « aurait un impact sur les questions de santé et de sécurité au travail », imagine Jérôme, représentant de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Son ami Bernard, lui aussi retraité, craint lui aussi l’extrême droite et le Rassemblement National, qu’il préfère appeler Front National, son nom jusqu’en 2018. « Le dialogue social risque d’en prendre un coup. Déjà que ce n’était pas terrible avec Macron, ça risque d’être encore pire » résume-t-il en fond de cortège. « Pour les salariés, ça risque d’être terrible parce que les syndicats ne seraient pas mis dans la discussion que les patrons pourraient avoir. Mais on espère que les choses vont tourner et que les idées d’extrême droite seront battues dans les urnes », espère l’ancien fonctionnaire.

Bernard Vieux (à gauche) manifeste avec la CFDT depuis quarante ans.

L’extrême droite au pouvoir serait « mortifère pour l’éducation »

Chez les différents syndicats, l’inquiétude prime et les syndicalistes craignent la réduction de leurs droits. Charlotte Grunelwald, enseignante et mère de famille, témoigne. « J’ai peur pour le droit syndical, la liberté d’expression et pour l’éducation nationale de façon générale. Le programme du RN a pour but de casser le service public, d’empêcher l’égalité et son arrivée au pouvoir serait mortifère pour l’éducation » peste-elle en agitant son drapeau SNES (Syndicat National des Enseignements de Second degré).

Ces différents syndicats revendiquent l’augmentation des salaires et des minima de branche et ne s’interdisent pas à faire grève avant ces élections législatives anticipées, notamment les 20 et 27 juin. Une manifestation contre l’extrême droite se tient d’ailleurs ce mercredi à Lyon alors que deux jours plus tôt, la CGT avait appelé à voter pour le Nouveau Front Populaire.

T.T.-C.

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