Plusieurs milliers de personnes ont défilé lors d’une manifestation samedi 15 juin à Dijon contre l’extrême-droite, après le score local et national du Rassemblement national aux élections européennes. Cinq manifestations ont été organisées dans la ville depuis l’annonce des résultats le 9 juin dernier. Des manifestations aussi en faveur de la nouvelle alliance des partis de gauche le Nouveau Front Populaire.

Depuis la victoire du Rassemblement National (RN) et la dissolution de l’Assemblée nationale, Dijon s’est affirmée comme l’une des villes moyennes les plus mobilisées contre l’extrême droite. Pas loin de cinq manifestations ont été organisées en réaction à la victoire du RN aux élections européennes.
Si depuis la dissolution les manifestations réunissaient quelques centaines de personnes (400 manifestants le jour même de l’annonce du président), la dernière a fait mouche : plus de 4 000 personnes sont descendues dans les rues samedi 15 juin. Une victoire nationale qui se reflète aussi bien localement : le RN est arrivé en tête des résultats de la capitale bourguignonne avec 21,19% des voix. Un mécontentement qui s’explique là encore en chiffres : face à l’extrême droite, la gauche arrive en deuxième, quatrième et cinquième place avec 38,69% des voix combinée à elle seule (addition des scores des partis Réveiller l’Europe, LFI et Europe Écologie)
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Du côté des élus de la côte d’or, ils appartiennent tous à l’(ancienne) majorité : les trois députés des circonscriptions dijonnaises sont du groupement Renaissance. Dijon a vu sa population se rassembler en nombre pour défendre la démocratie et s’opposer à l’extrême droite, avec plus de 4 000 manifestants. Les manifestations ont été principalement organisées par des syndicats étudiants et des groupes de gauche, à travers des rassemblements souvent pacifiques, mais déterminés.
Les raisons d’un tel engagement
Historiquement, Dijon n’est pas étrangère aux mouvements sociaux, soutenue par la forte présence étudiante qui favorise la mobilisation. L’Université de Bourgogne, avec sa population étudiante importante, a été un moteur clé de cette mobilisation. Les jeunes Dijonnais, souvent à l’avant-garde des protestations, ont répondu en masse à l’appel à manifester. Pour Pénélope, étudiante dijonnaise, pas question de déroger à la tradition : “dès qu’on a appris les résultats des européennes et la décision du Président, on est beaucoup à être descendus dans les rues […] je savais qu’il y allait se passer quelque chose, à Dijon on est toujours présent. Pour moi, c’était impossible de ne pas descendre dans la rue face à ces résultats clairement alarmants”.
De son côté, Patrick, dijonnais de longue date, voit ces manifestations comme une occasion essentielle d’exprimer sa voix. « C’est important de pouvoir se faire comprendre en dehors des urnes, même si ça passe par des manifestations. Ça fait plaisir de voir toute cette nouvelle jeunesse se mobiliser contre l’extrême droite comme on a pu le faire à d’autres époques ». La capitale bourguignonne, riche d’une tradition de militantisme social et politique, a vu sa population se rassembler en nombre pour défendre la démocratie et s’opposer à l’extrême droite. Les manifestations dijonnaises ont bénéficié d’un soutien diversifié, allant des syndicats aux élus locaux. Les réseaux sociaux ont également joué un rôle crucial, facilitant la coordination des actions et la mobilisation rapide des citoyens
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Les villes moyennes font face
Dijon s’est imposée comme un bastion de l’engagement citoyen en France depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, mais elle n’est pas la seule. Parmi le top 10 des villes moyennes les plus engagées, Dijon figure en réalité en 6ᵉ position, derrière Nantes et Grenoble avec plus d’une dizaine de manifestations. Elle se place à exæquo avec Orléans et Amiens, aussi débordante de profondes mobilisations citoyennes. Pour Dijon, la combinaison d’une tradition de militantisme, d’une jeunesse active et d’une réponse proactive à la crise politique perçue a fait d’elle un exemple frappant de mobilisation démocratique et anti-extrémiste.
