Samedi dernier, la manifestation à Clermont-Ferrand contre l'extrême droite a rassemblé près de 4000 personnes.
Samedi dernier, la manifestation à Clermont-Ferrand contre l'extrême droite a rassemblé près de 4000 personnes.

A Clermont-Ferrand, samedi dernier, une manifestation a eu lieu, pour protester contre l’extrême droite, rassemblant des jeunes, des parents, des retraités, tous unis pour une cause commune.

Suite à l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président le 9 juin dernier, après la victoire du Rassemblement National, les élections législatives se dérouleront les 30 juin et 7 juillet prochains. À l’approche de ce scrutin anticipé, les syndicats entendent se mobiliser « pour la démocratie ». À l’appel de nombreux syndicats, 4.000 personnes selon les organisateurs, ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand, samedi matin. Un seul mot d’ordre : faire barrage contre l’extrême droite. Des jeunes, des très jeunes, des parents, des retraités.

L’extrême droite en majorité dans le Puy-de-Dôme

La manifestation était plurielle, mais la revendication commune. Un appel mené par la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires, la Fedea, la Confédération paysanne et d’autres syndicats. Pour les manifestants, c’est le moyen d’exprimer leur colère et leur peur face à la montée de l’extrême droite. Une colère qui grandit de plus en plus depuis les résultats des élections européennes, où le Rassemblement national (RN) s’est hissé en tête. Effectivement, il est arrivé en tête dans 443 communes sur 464 dans le Puy-de-Dôme et se présente en position de force pour les législatives. Pour ce scrutin, l’idée est de ne « pas donner une seule voix au RN », lance au micro un syndicaliste Solidaires en tête du cortège.

 

Les jeunes clermontois veulent se faire entendre

Antoine, étudiant, brandit une pancarte où l’on peut lire : La jeunesse emmerde toujours le Front National. Il tenait à être présent : « C’est la première fois que je manifeste. La politique ne m’a jamais vraiment intéressé, mais les dernières élections m’ont ouvert les yeux. Je ne veux pas que l’on soit dirigé par un parti d’extrême droite. Il faut faire bloc, suivre le mouvement, penser en tant que société. »

Antoine, 20 ans, venu manifester pancarte à la main.
Antoine, 20 ans, venu manifester                            pancarte à la main.

Sur la place de Jaude, les prises de parole s’enchaînent. La jeunesse veut se faire entendre, dénonçant la montée de l’extrême droite. Même dans une ville comme Clermont-Ferrand, historiquement un bastion de la gauche. Émeline, 15 ans, est elle aussi présente. « En cours d’Histoire, nous travaillions sur la Constitution lorsque nous avons appris la dissolution de l’Assemblée nationale. Nous avons peur de ce qui va se passer. C’est devenu le sujet principal de discussion en classe. Certains de mes camarades disent même que Jordan Bardella a de bonnes idées. Ça me fait un peu peur d’entendre ça. »

« Ce n’est pas la peine de manifester, il faut plutôt aller voter ! »

Jean-Louis, retraité de 84 ans, observe la manifestation de loin. « Quand j’ai vu les résultats de dimanche dernier, j’ai eu un choc. Mais avec ce mouvement du Nouveau Front Populaire, il y a un petit espoir d’arrêter Bardella et Le Pen. » Toutefois, il est sceptique quant à l’efficacité de ces rassemblements : « Ce n’est pas la peine de manifester. Il faut plutôt aller voter. Quand on voit le taux d’abstention, il aurait plutôt fallu se réveiller avant. » affirme-t-il avec un soupir résigné.

Conscient que l’avenir politique dépendra de l’engagement citoyen lors des prochaines élections. Effectivement, le taux d’abstention s’élève à 50.76%, soit plus de la moitié des électeurs. Ce chiffre élevé souligne un désengagement significatif. La mobilisation électorale devient cruciale pour contrer l’extrême droite, et les syndicats appellent à une responsabilité citoyenne accrue pour les prochaines élections.

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