Dissolution de l’Assemblée nationale, bouleversements politiques, montée des extrêmes : Depuis plusieurs semaines, la France traverse une période d’élections majeures. Pourtant, dans certaines villes les habitants boudent les urnes. A Lyon, ils sont près de 40% à ne pas être allé voter aux dernières européennes.
Longtemps considérée comme marginale, l’abstention de vote est pourtant devenue aujourd’hui préoccupante. A Lyon, ce phénomène s’est observé le 9 juin dernier, lors des dernières élections européennes. Sur les 295 638 personnes inscrites sur les listes électorales, 108 042 ne se sont pas rendues dans les isoloirs, soit un taux de votant de seulement 63%. Dans certains arrondissements, ce taux d’abstention a explosé, atteignant respectivement dans les 8èmes et 9èmes, 44 et 42%.
« Voter ne sert plus à rien »
Alors comment expliquer les chiffres de l’abstention électorale ? Beaucoup de citoyens ne se sentent plus représenté par les personnalités politiques du pays. C’est le constat que fait Elise, 22 ans, étudiante en lettre à Lyon. « Quoi que l’on vote, nos problèmes du quotidien ne s’amélioreront pas. Je n’ai plus envie de me déplacer pour aller voter, cela ne sert plus à rien ». D’autres perçoivent les promesses électorales comme de simples stratégies pour accéder au pouvoir : « Tous les politiques nous prennent pour les cons. Ils font de beaux discours pendant les campagnes, promettant des baisses de tous les côtés. Tout ce qui baisse ce sont nos salaires » déplore Bruno, 64 ans.
Des législatives qui arrivent à grand pas
Le 9 juin dernier, le président de la République Emmanuel Macron dissolvait l’Assemblée nationale. Les 29 et 30 juin prochain, les Français seront donc à nouveau appelés au vote pour élire les députés. Un rendez-vous démocratique important, donc, mais qui pourrait être une nouvelle fois terni par l’abstention. A Lyon, prêt d’un habitant sur trois déclare ne pas être sûr d’aller voter, selon un récent sondage BFMTV. « On a déjà été voter aux européenne, tout ça pour que le Rassemblement national gagne… Et ce sera malheureusement la même chose pour les législatives », explique Valentin, étudiant à Science Po Lyon.
Une abstention généralisée
Cette abstention grandissante pose un défi sérieux pour la démocratie locale comme nationale. Elle n’a cependant rien de réellement nouveau. Lors des municipales de 2020, la ville de Lyon avait déjà enregistré des taux de vote très bas, avec seulement 36%. Pour certains, ces chiffres reflètent une réalité inquiétante : « Je ne comprends pas que l’on ne se déplace pas pour aller voter. Les gens sont sans arrêt en train de se plaindre que rien ne va mais dès qu’il s’agit d’aller voter pour espérer changer quelque chose il n’y a plus personne… » déplore Cédric, 52 ans.
En France, ce phénomène d’abstention est relativement généralisé. Aux dernière européennes, le taux de participation était de 51,49 % selon le ministère de l’Intérieur. Un record depuis 30 ans, bien qu’une personne sur deux n’ait pas glissé de bulletin dans l’urne…
Alexandre Pérou
