Les syndicats manifestent contre l'extrême-droite
Le dimanche 16 juin, les syndicats ont manifesté contre l'extrême droite à Lyon (Photo/Corentin Lucas)

Mais que pensent les syndicats du Nouveau Front Populaire ? À quelques jours du premier tours des élections législatives, plusieurs syndicats se sont rassemblés dans les rues de Lyon, ce dimanche 16 juin pour lutter contre l’extrême-droite.

Il est 14h30, place Jean Macé. Les plus grands syndicats (CGT, Solidaires, CFDT, Force Ouvrière, UNSA) se sont réunis ce dimanche à Lyon pour manifester contre l’extrême-droite. Un rassemblement massif, puisque plus de 10 000 personnes selon la Préfecture (contre 15 000 pour les syndicats) ont déferlé dans les rues de la Capitale des Gaules. Voter contre le RN, c’est le but des syndicats comme la CGT.

En revanche, il n’est pas encore question d’appeler les syndicalistes à mettre un bulletin de vote pour le NFP, comme l’affirme Maud Millier, secrétaire générale adjointe de l’union départementale CGT 69 : « dès le soir des résultats des élections européennes, nous avons demandé à ce que l’ensemble des partis de gauche fassent un front commun pour contrer l’extrême droite, sur la base des revendications des travailleurs. »Une revendication alors entendue par une grande majorité des partis de gauche, qui ont créé le NFP les jours suivants. « Dans le programme du Nouveau Front Populaire, la majorité des revendications syndicales ont été reprises. C’est un bon point d’appui. Maintenant, nous (la CGT) ne savons pas encore à ce jour si nous appellerons clairement à voter pour le Nouveau Front Populaire, car nous n’avons que des prérogatives syndicales. Mais ça, ce sont des discussions qui se font seulement depuis l’annonce du programme du NFP. »

Maud Millier, représentante de la CGT, en tête du cortège (Photo/Corentin Lucas)

Une contradiction avec la Charte d’Amiens

Une prise de position qui ne fait pas complètement sens avec la Charte d’Amiens de 1906, qui exige que la CGT soit indépendante des partis politiques. « C’est déjà arrivé lors du programme commun en 1981. En revanche, quel que soit le parti au pouvoir, ça ne nous empêchera pas d’aller lutter pour gagner les avancées sociales. Pour l’intérêt des travailleurs, il faut dissocier les partis politiques et les organisations syndicales », tient à préciser Maud Millier. Il faut tout de même préciser que le syndicat évoqué fasse de la politique, tant qu’il ne s’associe pas à un parti. Ce qui n’est visiblement pas le cas cette année…

La crainte de revoir l’échec de la NUPES ?

Le Nouveau Front Populaire rassemble donc plusieurs partis des gauches, dont Les Écologistes, le Parti communiste, le Parti socialiste ou encore le Nouveau parti anticapitaliste, mais pas tous. Si cela ressemble fortement à la NUPES, créé aux élections législatives 2022, le NFP est beaucoup plus massif et ne combat pas la même cause. Il est loin de faire l’unanimité à gauche. Pour preuve, Guillaume, travailleur de 23 ans et militant de Lutte Ouvrière voit cette union comme « une arnaque de politiciens de gauche. Il faut manifester contre l’extrême droite, mais ce qui me dérange, c’est que les partis qui sont dedans sont tous placés au gouvernement, ont dégoûté les travailleurs et sont donc responsables de la montée du RN. »

Lilou, manifestante de gauche avoue craindre « que ça se termine comme la NUPES et qu’on se fasse tous avoir, car ils nous promettent de faire changer les choses en très peu de temps mais c’est presque irraisonnable. »

Rendez-vous donc le 7 juillet pour le résultat du deuxième tour des législatives.

Guillaume, militant de Lutte ouvrière, pendant la manifestation du 16 juin (Photo/Corentin Lucas)

By c.lucas

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