Ce week-end à Lyon, sur la Place des Terreaux, manifestations et rassemblements se tenaient suite aux résultats des élections européennes. Alors que les élections législatives de 2024 approchent à grands pas, une question se pose : les abstentionnistes vont-ils enfin se mobiliser pour voter ? Les citoyens français entre 18 et 25 ans recensent le plus gros taux d’abstention, voici leurs raisons…

Les jeunes, le dilemme de l’abstention
Véritable fléau de la démocratie moderne, l’abstention a atteint des niveaux historiquement inquiétants lors des précédentes consultations électorales. Les derniers résultats des élections européennes illustrent la désillusion vis-à-vis du système politique et des représentants élus occupent une place prépondérante. Les statistiques des dernières élections montrent une tendance alarmante : le taux d’abstention ne cesse d’augmenter. Récemment, 47,5%, c’est le taux d’abstention recensé lors des élections européennes du dimanche 9 juin dernier. Cette désaffection est encore plus marquée chez les jeunes, en effet, selon l’IPSOS, 60 % des 18-25 ans se sont abstenus lors des élections européennes.
Marie Devilliers, une étudiante lyonnaise, ne trouve absolument pas normal le fait que certain négligent leur droit de vote : « C’est un droit que l’on a acquis, donc je me dis que c’est la moindre des choses ». La fracture entre les différentes catégories de la population et leur participation électorale est un défi majeur pour les démocraties contemporaines. Marie continue d’appuyer sur l’importance de mettre en avant et de soutenir une idéologie politique. Révoltée auprès des siens, »c’est notre rôle de Citoyen », elle critique la banalisation de ne pas aller voter.
Ce taux d’abstention grandissante s’explique par de nombreuses raisons. Après avoir interloqué les lyonnais, les raisons les plus remarquées sont la perte de confiance en les institutions politiques, le manque d’information, les contraintes pratiques et le sentiment d’inutilité du vote. Le manque d’information, c’est encore une fois les jeunes qui en font les frais. « Je n’ai pas les dates en têtes, mais il faut qu’on y aille » annonce d’emblée deux jeunes étudiantes, Julie et Nola avant de rentrer dans la foule de manifestants.
Noyé dans un tourbillon d’informations, Mathis Marniot explique pourquoi il n’est pas allé voter lors des dernières élections européennes : « Je ne suis pas assez informé et aussi, je ne veux pas voter au hasard, en plus, je ne suis pas recensé dans ma région ». De nombreux citoyens, comme Mathis, ne croient plus en l’efficacité de leurs représentants et doutent de leur capacité à apporter des changements significatifs.
Dorénavant, les français veulent voter
Mathis Marniot expliquait ne pas pouvoir voter à cause d’un défaut de recensement : « je ne suis pas recensé dans ma région ». Effectivement, si cette solution ne permet pas aux citoyens français de voter lors des différentes élections, il existe une autre solution qu’un grand nombre de français à privilégier le 9 juin dernier. En une semaine, plus de 400 000 électeurs ont fait une procuration. Pour vous donner une idée, c’est six fois et demi plus qu’il y a deux ans, à la même période, avant les dernières législatives.
« On ne pourra pas se plaindre des conséquences après si on n’est pas allé voter »
Lisa Grinand confirme la prise de conscience de la plupart des jeunes citoyens français : « On ne pourra pas se plaindre des conséquences après si on n’est pas allé voter ». Désormais avec les applications politiques comme Pol et les réseaux sociaux, la communication et les démarches de vote autour des prochaines élections devraient être plus clair pour les français. La simplification des démarches de vote avec le vote par correspondance ou par procuration a été facilité. À l’approche des législatives de 2024, la question de l’abstention demeure cruciale.
