Ce dimanche, à Lyon, une grande manifestation a pris place dans les rues de la capitale des Gaules pour appeler à un barrage de l’extrême droite à la vue des prochaines élections législatives. À ce rassemblement, un bon nombre de lycéens étaient présents. Pourtant, ce prochain vote ne les concernent pas.

Pour la première fois depuis 1997, l’Assemblée nationale a été dissoute, et jamais, l’extrême droite n’a été aussi proche de remporter des élections législatives. À Lyon, entre Rhône et Saône, selon les syndicats, près de 15 000 personnes se sont réunies ce dimanche pour contester le Rassemblement Nationale. Parmi eux, plusieurs milliers de lycéens. De la place Jean Macé dans le septième arrondissement, à la place Maréchal Lyautey dans le sixième, entourés de leurs aînés, les jeunes ont défilé en chantant, dansant, avec des pancartes souvent accompagnées de jeux de mots. Durant deux heures, aux côtés de certains professeurs, les lycéens ont voulu faire entendre leur voix. Car pour eux, cette voix « ne peut pas s’exprimer par les urnes. »
« C’est un jour important, on est à deux semaines d’élections historiques pour la France et plus, on est nombreux, plus le bruit résonnera. Aujourd’hui, nous sommes tous unis, les jeunes comme les moins jeunes. Bloquer les lycées, c’est bien, mais on s’est rendu compte que ça ne faisait plus assez de bruit. Je le dis très sincèrement, avec un Bardella premier ministre, je ne me sentirais plus à ma place », estime Ethan Bernès, jeune étudiant en terminale du lycée Marcel Semba, situé à Vénissieux. En effet, à cette manifestation dite « contre l’extrême droite », le jeune Ethan et ses amies reprenaient le fameux chant « Eh la jeunesse, emmerde, le Front Nationale… »

Les professeurs accompagnent leurs élèves
Si les élèves étaient au rendez-vous ce dimanche dans les rues lyonnaises, il en va de même pour certains professeurs. Les « profs », étaient là pour lutter contre une idéologie, qu’ils considèrent contraire à leurs valeurs. Même s’ils ne défilaient pas côte à côte avec les lycéens, les idées qui les rassemblaient en ce jour ensoleillé de juin, étaient les mêmes. « Lutter contre une politique qui divise une société déjà bien fracturée », pense Marie Mas, professeure au lycée Jean-Paul Sartre. Avec une grande banderole entre leurs mains où était écrit « Personnels de l’éducation CONTRE L’EXTRÊME DROITE ! », le corps professoral, pour une partie syndicalisée, a souhaité se faire entendre…
En tout cas, une chose est sûre, une grande partie des écoles lyonnaises, que ce soit lycéens où professeurs, ont souhaité prendre part à cette manifestation. À deux semaines des élections, ils comptent faire entendre leur voix. Pour les jeunes étudiants qui, pour certains ne sont pas majeurs, l’un des arguments principaux, est qu’ils n’ont pas la chance d’aller voter, comme le reste des citoyens. De l’autre, les professeurs, eux, sont tout simplement en désaccords trop profonds et défiler
dans les rues lyonnaises avec de la musique, des chants, du folklore, est une manière pacifiste de faire valoir leurs convictions. En toute fin de rassemblement, alors que les manifestants quittent la place Maréchal Lyautey à Foch, Marie Cross rajoute « Ça fait énormément plaisir de voir nos lycéens venir à ce type d’évènement. Le futur nous fait souvent peur, mais avec eux, on sait qu’il peut être entre de bonnes mains »…

