Le vendredi 14 juin sur la place de l’hôtel à Lyon, des milliers de personnes se sont rejoint pour lutter contre l’extrême droite et parmi eux, beaucoup de jeunes se sont mobilisés.

Devant l’hôtel de ville, aux alentours de dix-huit heures trente, la célèbre place des terreaux est noire de monde. Quelque deux mille personnes se sont mobilisés pour s’opposer contre l’extrême droite. Sur les visages des manifestants, on peut deviner toutes les générations confondues, mais surtout, une majorité de jeunes qui crient haut et fort » la jeunesse emmerde le Front National ». Même si aujourd’hui, leur message vise le Rassemblement National, ce célèbre slogan vient d’une chanson des années 1980 du duo Bérurier Noir.
Cette réunion de manifestants intervient après la dissolution du Rassemblement national cinq jours plus tôt. « J’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote. Je dissous donc ce soir l’Assemblée nationale » annonçait Emmanuel Macron, après un score élevé du Rassemblement National aux élections européennes. Depuis cette déclaration, les manifestants arpentent les rues dans toute la France, et beaucoup de jeunes français prennent la parole.
Les réseaux sociaux, un enjeu crucial pour les jeunes contre l’extrême droite
À Lyon, ce sont majoritairement des partis de gauche qui étaient en tête de liste aux européennes. Avec 18% pour Raphaël Glucksmann suivi de Manon Aubry avec 17%, Valérie Hayer avec 15% et en quatrième place Jordan Bardella avec 13%.
Ce combat politique entre la gauche et la droite a pris beaucoup d’ampleur chez les jeunes, notamment avec la circulation des idées politiques sur les réseaux sociaux. « Sur les réseaux, on parle tellement du R.N ou du Front populaire que c’est devenu un des sujets principal avec les gens au lycée » confie Salomé, lycéenne. En effet, ces dernières semaines, le visage du leader du Rassemblement national a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.
Le compte tiktok de Jordan bardera cumule plus de 1,6 millions de followers. De l’autre côté, les jeunes qui votent plutôt pour des partis de gauche, repostent dans leurs stories Instagram le programme du R.N en appelant à ne pas voter pour ce parti. « Depuis la dissolution, je reposte pleins de stories contre le R.N parce que ça me fait peur, c’est un retour en arrière, on étudie dans l’Histoire que l’extrême droite a toujours mené à des violences » explique Agathe, 18 ans. Pour Léo, son grand frère, il est important de passer par les réseaux pour parler de politique » On est tous sur les réseaux, je trouve ça important de passer par les réseaux pour montrer que l’extrême droite n’est pas une solution ».
« Depuis la dissolution, je parle de politique au quotidien »
Un constat se fait auprès de plusieurs jeunes » à la fac, on parle plus que de politique » explique Gauthier. Pour ce dernier, il est important d’ouvrir le débat politique avec ses proches . » J’essaye de beaucoup en parler avec mes amis ou ma famille et c’est important, je connais plusieurs personnes qui ne s’intéressaient pas forcément à la politique qui se renseignent maintenant » témoigne t-il.
Pour d’autres, la dissolution a sonné l’alarme. Traditionnellement, le vote des jeunes est plutôt orienté à gauche. Lors des européennes, la France insoumise est arrivée en tête chez les 18-24 ans avec 33 % des voix. Mais cela ne veut pas dire que tous les jeunes ont voté ce jour là plus que 60% des 18-24 ans se sont abstenus aux européennes.
Pour Camille, jeune militante de 19 ans, il est important de sensibiliser ses proches » Depuis la dissolution, je parle de politique tous les jours autour de moi avec mes proches pour leur expliquer ce que le R.N divulgue ». Cette jeune femme a commencé à manifester son mécontentement récemment » avant je parlais pas trop de mes idées politiques, aujourd’hui je me suis mise à fond dedans, j’essaye de faire un maximum de manifestions et je distribue des tractes aussi » dit-elle.
Manon Prunier
