Une campagne en moins de deux semaines pour des législatives annonce un programme chargé, surtout pour les députés sortants qui briguent un nouveau mandat : Thomas Rudigoz, député de la première circonscription du Rhône, est parti sur le terrain afin de sonder les électeurs.

Jour de marché
C’est dans son fief du 5ème arrondissement que le député sortant Thomas Rudigoz commence ses tractations. Entourés de ses fidèles, et de jeunes nouvellement engagés, cette fin de semaine s’annonce chargée, entre places de marchés, boîtes aux lettres, et autres évènements d’une campagne éclair. Mais toujours au contact des électeurs, il tient à participer lui-même à toutes les étapes de cette législative inattendue.
Début du marché à 10 heures pétantes. Une vingtaine de tracts chacune. Les volontaires venus aidés l’ex-maire du 5ème arrondissement de Lyon sont plein d’enthousiasme et n’hésitent pas à interpeler les premiers arrivés. Un couple de retraités admet devant le député sortant que leurs deux bulletins portaient son nom en 2022, mais qu’ils ne sont pas certains de voter à nouveau pour lui. « Monsieur Rudigoz a été un bon maire, et un bon député. Mais son parti nous a déçu », confirme Aline aux côtés de son mari qui acquiesce. Thomas Rudigoz est sous bannière Renaissance, le parti présidentiel. Lors des élections législatives de 2022, il avait été élu à 1400 voix près, et espère réitérer le même tour de force. « Rien n’est joué d’avance » persiste-t-il. La liste de Valérie Hayer est d’ailleurs arrivée de justesse en tête dans le 5ème, lors des européennes dix jours plus tôt.
Des électeurs désenchantés
Dans cette circonscription macroniste, la plupart des habitants rencontrés lors de la matinée tiennent à peu près le même discours. Entre deux encaissements, les maraîchers prennent le temps de dialoguer quelques minutes. Devant leur député ils pointent les priorités du parti Renaissance, « hors-sol comparée à la vie des français ». Ils ne sont, pour leur part, pas encore résolus à voter pour des extrêmes. Leur bulletin portera donc le nom de Thomas Rudigoz le 30 juin prochain. « On ne peut pas nier qu’individuellement de son camp politique, il fait du bon travail » confie l’un d’eux. C’est peut-être ce qui sauve le candidat : malgré la déception des Français concernant l’action de Renaissance, il est réputé proche de ses électeurs, son mandat de maire commencé en 2014 lui faisant aussi justice auprès des habitants du 5ème.

Après le marché matinal, place aux portes à porte. Les équipes se séparent pour toucher plus de monde. Un groupe de quatre jeunes encartés chez Renaissance prend les devants et sonnent au bas des immeubles afin de porter la voix et le programme du candidat sortant. « C’est un moment crucial pour notre pays. On ne peut laisser aucun siège aux extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche, ils restent dangereux », martèle Manon au côté de ses trois camarades. C’est le message principal qu’elle tente de transmettre aux habitants des immeubles. Certains rechignent à ouvrir la porte. En désespoir de cause elle redescend et glisse un tract dans chaque boîte aux lettres.
À dix jours des élections législatives anticipées, les équipes de Renaissance sont sur le pied de guerre. La ministre de l’Éducation nationale, Nicole Belloubet, a même fait le déplacement jusqu’à Lyon jeudi dernier pour apporter son soutien à Thomas Rudigoz. Reste à savoir si ces efforts, et la bonne réputation de l’élu seront suffisants pour reproduire un miracle électoral qui s’annonce non à 1400 voix près, mais peut-être plus à quelques centaines.
