A l’occasion d’une manifestation du Front Populaire, vendredi 14 juin 2024, de nouveaux visages s’engagent en pratiquant le tractage. Cette manifestation s’est déroulée sur la place des Terreaux à Lyon et a réunie environ 2 000 personnes. Les nouveaux mobilisés sont venus en avance pour préparer le terrain dans un contexte tendu.

 

« Votez Front Populaire ! ». Voilà ce que l’on pouvait entendre si l’on passait vendredi 14 juin à 17h30 sur la place des Terreaux à Lyon. Avant la manifestation de 18h30 se sont réunis ceux chargés de distribuer des tracts. Cette manifestation était organisée par le Front Populaire qui représente l’union des partis de gauche (LFI, Place Publique, EELV…).

Cette phrase scandée à voix haute est accompagnée par une feuille de papier mais qui se cache derrière cette pratique ?

Du militantisme actif

Arthur, récemment sympathisant du parti La France Insoumise est présent depuis une heure. Il n’avait jamais franchi le pas du militantisme actif mais explique aujourd’hui sa décision de le devenir : « Ça faisait un moment que l’idée me trottait dans la tête. Au vu de l’urgence de la situation et de ce qui peut se passer le 30 juin, à savoir le gouvernement qui passe à l’extrême droite. Je n’avais pas le droit de rester chez moi, il fallait absolument que je me mobilise sur le terrain ».

Se mobiliser ne signifie pas seulement faire du tractage. Il y a le collage, le porte à porte, l’action de manifester… En étant hors d’un parti il est aussi possible de se mobiliser en allant convaincre son cercle proche de manifester ou d’en parler autour de soi.

Arthur a lui choisi le tractage pour une raison évidente : « Moi j’ai choisi de faire du tractage car j’ai la volonté de me confronter au terrain, j’aime bien discuter avec les gens donc je trouve ça super ».

L’impact des tracts sur les gens

Certains s’arrêtent et discutent, d’autres ne le calculent pas. Arthur a beau y mettre de la bonne volonté et du sourire, l’impact de ses tracts sur les passants paraît faible. Arthur avoue : « Pour l’instant, tout s’est bien passé. Je sais qu’il peut y avoir des interactions plus désagréables mais je n’y ai pas encore fait face ». Il évoque trois types de personnes face aux distributeurs de tracts : « Il y a des gens qui prennent sans trop de réactions, des gens qui nous encouragent : bon courage, continuez ou des gens qui ne prennent pas et sont avec leurs écouteurs. J’ai l’impression que ça fait la 5ème fois que des gens leurs proposent des tracts sur la rue de la République ».

En effet, sur la même rue les passants sont accostés par l’association Médecins du monde et par un collectif en soutien à la Palestine.

Selon Arthur, un tract impactant est un tract : « simple. S’il y a trop de texte, les gens ne vont pas lire. Il faut du visuel et des phrases clés ».

Une situation tendue

Alors que certains comme Arthur sont ouverts à la discussion, d’autres comme Hélène, distributrice de tracts, ont refusé de nous parler sous prétexte que nous étions en école de journalisme. La situation politique du pays créé davantage tensions à l’égard d’une « dérive du métier de journaliste sur les plateaux télés » ou encore « du financement du groupe auquel appartient mon école. »

Rachel CASTAN

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