Vélos, trottinettes, batteries de portable… Chaque mois, l’association Diving for Future remonte des tonnes de déchets du fond des fleuves lyonnais. Ces récoltes rendent compte de l’ampleur d’une pollution urbaine importante, mais peu médiatisée dans le Rhône et la Saône.
Depuis la surface, le Rhône et la Saône ont une belle image. Mais à quelques mètres sous l’eau, cela ne fait plus vraiment rêver : vélos rouillés, trottinettes électriques, barrières de chantier, poussettes oubliées… et même des machines. La pollution massive, mais invisible, est un véritable défi environnemental pour la métropole de Lyon.
« Ce sont des pollutions invisibles depuis la surface, mais qui s’entassent au fond des fleuves » témoigne Sébastien Celle, membre actif de l’association Diving for Future depuis trois ans. Cette association regroupe une trentaine de plongeurs bénévoles, tous titulaires d’un brevet au minimum de Niveau 2, qui interviennent dans le nettoyage des fonds du Rhône et de la Saône.
50 tonnes de déchets remontées en quatre ans dans le Rhône et la Saône
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, depuis quatre ans que Diving for Future existe, l’association a remonté près de 50 tonnes de déchets des rivières lyonnaises. « On organise deux à trois opérations chaque mois, à chaque fois, il y a plein de bennes » indique Sébastien Celle. Cette mobilisation intense depuis plus de quatre ans n’a pas encore amélioré la situation. « Malheureusement, ça ne s’améliore pas, on voit que ça s’accumule toujours, surtout en centre-ville ».

Les déchets en métal occupent une large part : vélos et trottinettes en libre-service, mais aussi mobilier urbain, carcasses de scooters et d’appareils électroménagers. Les batteries de trottinettes et de voiture, très préoccupantes, représentent un vrai risque de toxicité. « Elles relâchent du poison dans l’eau », alerte le plongeur. À côté de cette pollution chimique, il faut ajouter la masse de déchets plastiques qui se désagrègent et viennent menacer l’écosystème aquatique progressivement.
Pollution du Rhône et de la Saône : un défi majeur
Coordonner ces opérations de nettoyage représente un grand défi logistique. Il faut concilier plongeurs formés, matériel spécifique, bennes de stockage et consortiums pour l’évacuation et le recyclage. « Sortir des objets lourds ou encombrants nécessite parfois des grues ou des bateaux spécialisés », développe le bénévole. La sécurité sous l’eau constitue également un enjeu important, quand les conditions de plongée en milieu urbain demeurent souvent très difficiles.
L’association a aussi du mal à solliciter un soutien institutionnel à la hauteur des enjeux. « Malgré plusieurs demandes, la Métropole de Lyon ne nous accorde pas de subvention », déplore Sébastien Celle. L’association est néanmoins soutenue par la mairie de Feyzin et par certains partenaires privés comme Derichebourg pour une gestion des déchets.
Cependant, certaines évolutions encourageantes apparaissent : les sociétés de trottinettes collaborent aujourd’hui pour récupérer leurs appareils dans l’eau et la sensibilisation commence à payer vis-à-vis des riverains.
