Après avoir annoncé dans un premier temps le maintien de sa liste au second tour des élections régionales en Paca, Jean-Laurent Félizia, candidat de la gauche, a finalement retiré sa liste.
Avoir des conseillers régionaux de gauche coûte que coûte
Le soir du premier tour des élections régionales, avec 16,9 % des suffrages le candidat « de l’écologie et de la gauche » annonce maintenir sa liste. Pour Jean-Laurent Félizia et son équipe, il faut porter cette voix au second tour. La stratégie : si le RN passe, il devra composer avec la gauche. Le candidat justifie cette méthode en invoquant le souvenir de l’échec de 2015. « L’absence d’élus de gauche nous a empêché d’apporter une parole d’opposition » a-t-il lancé. « Nous avons un devoir envers nos électeurs. Si le RN doit passer, il passera avec ou sans nous, et ce serait bien d’avoir des élus si Mariani gagne » explique une candidate du Vaucluse. Thierry Mariani a remercié Félizia dans la foulée. « Il n’est pas tombé dans tambouille politicienne » a-t-il déclaré au micro de France Bleu.
Réactions en pagaille
Alexandre Latz, représentant de Place Publique en Paca, a réagi rapidement. Pour lui, si le candidat de la gauche se maintien au second tour des élections régionales, « nous ne nous relèverions pas d’avoir jeté la région dans les bras de l’extrême droite ». Même Julien Bayou a menacé son candidat au micro de Franceinfo. Il a affirmé que si Jean-Laurent Félizia ne retirait pas sa candidature, « sa liste n’aura pas le soutien d’EELV ». De son côté, Olivier Faure explique que si elle maintient sa candidature, sa stratégie serait « irresponsable ». Il fustige cette décision affirmant que « la gauche ne peut pas porter le poids d’une victoire du RN qui serait un tremplin pour Marine Le Pen ».
Sous la pression, la gauche se retire
Après avoir été mis sous pression pendant 24 heures, le candidat retire finalement sa candidature. Au second tour des élections régionales en Paca, les électeurs de gauche devront une fois de plus faire barrage. Jean-Laurent Félizia lui-même à affirmé : « Je voterai Muselier ».
Croyez bien que personne n’a plus de peine que moi à vous le dire ce soir, mais, aux régionales, je voterai dimanche prochain @RenaudMuselier pour battre Mariani et sa triste cohorte.
— Jean-Laurent Félizia (@FeliziaJean) June 21, 2021
Une défaite de plus pour la gauche et des électeurs fatigués de voter « contre » en permanence. De son côté, Stéphane Ravier, sénateur RN de Marseille a réagi, « c’est la République des castors et des barrages ». Il dénonce un barrage à la démocratie. Pour lui, « nos électeurs se déplacent depuis 30 ans et au second tour, subissent un front anti démocratique ».
L’heure est maintenant à la négociation puisque selon Le Figaro, des écologistes négocieraient pour obtenir des sièges si Renaud Muselier était élu. Un éventualité mais pas une certitude puisqu’il reste à voir maintenant si les électeurs de gauche suivront la directive de leur candidat ou si leur abstention jouera en faveur du RN.
Nathan Chaize
