Saint-Étienne a voté pour le Rassemblement national aux élections européennes. Un choc pour la gauche stéphanoise. La page est désormais tournée et une manifestation a eu lieu samedi contre ce parti. Objectif, s’unir pour leur faire barrage à l’approche des élections législatives.
13h30, une centaine de personnes sont réunies devant la Bourse du travail à Saint-Étienne. Cette manifestation intersyndicale a été organisée notamment par la CGT, l’UNSA Loire (Union nationale des syndicats autonomes), le FSU (Fédération Syndicale Unitaire)… « La manifestation s’est organisée, très rapidement, il y avait une urgence », explique Clément, membre de la CGT de la Loire. Combatifs, leurs représentants prennent le micro pour dénoncer le programme du RN. Les premières positions se dégagent.
Manifestation contre le RN à Saint-Étienne, mais aussi contre les macronistes
Pour la CGT, il n’y a que le Front Populaire qui tient la route. « On ne soutient pas un parti en particulier, mais on est contre les idéologies du RN. De plus, elles ont été emmenées par le gouvernement Macron », explique Mireille Carrot, secrétaire générale de la CGT de la Loire. D’après le syndicat, c’est en ne répondant pas aux exigences sociales que les macronistes ont permis au RN de gagner des électeurs. « C’est pour cela, qu’on s’oppose à l’extrême droite et aux politiques néo-libérales », déclare-t-elle avant de retourner porter fièrement la bâche qui conduit la manifestation. À côté d’elle, Corrine Mondon, trésorière adjointe de l’UNSA Loire se mobilise.
Les apolitiques se mêlent à la manifestation
L’UNSA Loire se définit comme apolitique. Pourtant, elle est bien présente derrière la bâche qui porte les couleurs de l’union intersyndicale. Corrine Mondon explique : « Nous prenons la parole, car même si nous sommes apolitiques, nous sommes contre les valeurs discriminatoires que porte le RN. Pour nous, ce n’est pas un parti », dit-elle gravement. Et elle commence à décrire : « On n’oublie pas qu’ils n’ont pas voulu augmenter le SMIC, qu’ils prônent le retour de la femme au foyer. Aussi, tout travailleur a droit à un emploi et peu importe ses convictions de vie. La valeur de travail et les convictions personnelles sont deux choses différentes », ajoute-t-elle.
D’un point de vue plus personnel, Corrine Mondon, est venue manifester avec ses enfants. Depuis que le RN a remporté les élections européennes, son fils s’inquiète. « Il m’a demandé ce que sa génération allait devenir quand il a vu les résultats. C’était important qu’il soit là aujourd’hui », conclut-elle.
La manifestation grossit. Derrière l’union intersyndicale, la jeunesse de Saint-Étienne se rassemble, avec d’autres générations, derrière des drapeaux, des affiches et des chants. Combatifs, et confiants en leurs valeurs, ils s’exclament : « Si on n’est pas là aujourd’hui, on n’est là jamais ! ». Félicien et Pauline sont des étudiants qui espèrent faire remonter le Front Populaire, et ils y croient : « Beaucoup de personnes se rallient au mouvement, avec les nombreux appels à voter qui circulent, c’est très encourageant », affirment-ils. Gorges déployées, ils se remettent à chanter pour faire barrage au RN. Les voix résonnent dans l’Avenue de la Libération à Saint-Étienne, et le mouvement a bien grandi. Les derniers manifestants ne sont plus visibles.
Organisée en urgence, les syndicats n’ont pas pu estimer le nombre de personnes présentes à la manifestation. Mais ils sont plutôt contents : « On a une belle mobilisation », déclare Clément, membre de la CGT. Il est environ 14h30 et le mouvement s’apprête à grossir encore. La manifestation intersyndicale se rend sur la place Chavanelle pour retrouver la marche des fiertés. Une mobilisation qui a pour but de défendre les droits des LGBTQIA+.
Marny Poyet
