Au coeur du huitième arrondissement de Lyon, deux maraîchers ont lancé leur propre ferme, la microferme des Etats-Unis. Un quotidien un peu différent pour des maraîchers en pleine ville, entre vie de quartier et problèmes de voisinage.
Depuis deux ans, Nicolas et Stéphane ont lancé leur projet de créer une ferme au coeur de Lyon. Sur deux terrains entre l’avenue Berthelot et le quartier de Gerland, la microferme des Etats-Unis produit différents légumes avant de les vendre, mais dans leur quotidien, ils rencontrent différents problèmes.
Les inconvénients de vivre en ville
La mairie a aménagé les terrains pour y lancer des formations avant de les cédér à la microferme. Le problème, ils ont été réalisé sur des constructions humaines et les sols ne sont pas dans le meilleur état possible. Pour Stéphane, il va falloir attendre encore quelques années avant de pouvoir exploiter au mieux les terrains : « Lorsqu’on creuse ou laboure la terre, on a dû mal à atteindre de la profondeur. Les sols sont encore beaucoup trop dur à cause du béton qui a solidifié la terre autrefois. Il va falloir attendre que les sols deviennent plus meubles. Pour cela, aucune machine ne fonctionne, seulement le temps peut avoir de l’effet ».
Lorsqu’on vit en ville, des voisins peu désirés peuvent venir faire leur apparition et s’installer. C’est le cas des rats, ces rongeurs peuvent manger certains légumes et se reproduisent rapidement. Au près des habitants, cette nouvelle ne donne pas une bonne image des légumes. « Les rats ne font pas de dégâts majeurs directement sur les récoltes mais leur présence amène une mauvaise publicité pour des potentiels clients. Savoir que des rats vivent dans les champs baissent la qualité des produits dans l’imaginaire des acheteurs » explique Stéphane.
Une cohabitation parfois difficile avec le voisinage
Travailler dans la ville renforce le contact humain. Croiser les différents habitants qui vivent dans le quartier permet de pouvoir faire de nouvelles rencontres mais aussi animer les journées de travail. Chaque jour, les dernières rumeurs de quartier remontent aux oreilles des deux maraîchers. Un moyen aussi de faire connaître la ferme. « Les personnes qui ne nous connaissent pas et qui passent dans le quartier sont intrigués de nous voir travailler dans un endroit comme ça, explique Nicolas. Ils nous posent des questions sur nos légumes et ensuite ils reviennent parfois pour acheter. »
Le bouche à oreille est aussi une grosse force pour faire découvrir le commerce. Les habitants invitent des personnes qui ne sont pas forcément de l’arrondissement. Ils se posent des questions sur la présence de terrains cultivés et découvrent ce nouveau lieu.
Malheureusement la vie en plein cœur de la ville n’est pas forcément signe d’une bonne cohabitation. Un des deux de terrains se situe à côté d’un stade de football où viennent souvent jouer des enfants et hormis les problèmes de bruits, liés aux cris, la vie avec eux n’est pas toujours facile.
Pour Stéphane, il faut parfois faire preuve de beaucoup de patience : « On a déjà vu des enfants venir arracher des carottes ou d’autres légumes pour les manger ou pour s’amuser. Il faut qu’on leur explique qu’il ne faut pas qu’ils le fassent sinon tout le monde aurait des problèmes. On ne peut pas aller voir leurs parents car on ne sait pas sur qui on peut tomber. Les soirs on doit faire attention de ne rien laisser dehors. Par exemple, nos jets d’eau avec des piquets, plusieurs fois je les ai retrouvé déplacés et certains sont même cassés. C’est dommage car on aimerait bien leur présenter plusieurs choses mais on ne peut pas. »
Pour le second terrain situé dans le quartier de Gerland, beaucoup de déchets sont retrouvés. Le risque majeur est la pollution du sol. Les légumes peuvent être impactés s’ils sont en contact avec des substances potentiellement néfastes.
Finalement, cette aventure lancée il y a trois années reste une belle expérience avec de nombreux souvenirs pour les deux hommes. Malgré tout, ils ne souhaitent pas s’éterniser dans la ville. La microferme ne possède pas les deux terrains et les louent tous les deux ans à la ville de Lyon. Leur prochain objectif est donc de fuir la vie urbaine pour pouvoir acheter une nouvelle parcelle de terrain à la campagne.
